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Sentences

Les derniers seront les premiers.

Matthieu XIX, 30 et XX, 16

Le passé télescopé par le présent.

Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle, Le Livre des passages, Les Éditions du Cerf, 1989

Tout oublier, tout ignorer, tout anéantir.

(inspiré de saint Jean de la Croix)

Tout oublier. Ouvrir la fenêtre. Vider la chambre. Elle est traversée par le vent.
On ne voit que le vide, on cherche dans tous les coins et l’on ne se trouve pas.

Franz Kafka, Journal, 19 juin 1916

Encore un pas et puis le Ciel.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Un pas de plus pour se perdre et on se trouve.

Francis Ponge, Pour un Malherbe, Gallimard, 1965, p. 62

Courage, mon âme, le temps est court.

D’après I Corinthiens VII, 29

Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage,
L’Art est long et le Temps est court.

Baudelaire, Le Guignon, dans Les Fleurs du Mal, 1861

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
Car ils seront rassasiés.

Matthieu V, 6

Bienheureux ceux qui ne confient leur vie à personne.

Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquillité, Autobiographie sans événements, 1930

Le temps de chercher Dieu c’est la Vie,
Le temps de le trouver c’est la Mort,
Le temps de le posséder c’est l’Éternité.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Qui cherche ne trouve pas, mais qui ne cherche pas est trouvé.

Franz Kafka, Journal, 13 décembre 1917

Celui qui ne pèche pas par sa langue
Est un homme parfait.

Jacques III, 2

Celui qui parle ne sait pas.
Celui qui sait ne parle pas.

Robert Filliou

Je ne suis pas venu pour être servi,
Mais pour servir.

Matthieu XX, 28 – Marc X, 45

Dans le combat entre toi et le monde,
Seconde le monde.

Kafka, Journal, 8 décembre 1917

Mon âme désire d’entrer dans les parvis du Seigneur,
Elle a défailli de désirs.

Psaume LXXXIV, 2 (LXXXIII, 2)

Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir.

Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922-1923 dans Corps et biens, 1930

En regardant le terme,
J’oublie les fatigues de la route.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Il y a un but, mais pas de chemin.
Ce que nous nommons chemin est hésitation.

Franz Kafka, Journal, 18 novembre 1917

Les renards ont leurs tanières
Et les oiseaux du ciel leurs nids
Mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête.

Matthieu VIII, 20

Comment peut-on se réjouir du monde,
À moins de se réfugier en lui.

Franz Kafka, Journal, 12 novembre 1917

J’ai fui, je me suis éloigné,
J’ai établi ma demeure dans la solitude.

Psaume LV, 8 (LIV, 8)

Je n’ai plus besoin de rentrer, ma cellule a sauté,
Je bouge, je sens mon corps.

Franz Kafka, Journal, juin 1922

Après avoir tout quitté,
Il faut encore vous quitter vous-même.

Imitation de Jésus-Christ, L. II, ch. XI, section 4, alinéa 6

Non pas se débarrasser de soi, mais se consumer.

Franz Kafka, Journal, Aube du 25 janvier 1918

Souffrir passe.
Avoir souffert ne passe pas.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Le passé n’est jamais mort.
Il n’est même pas passé.

William Faulkner

Dès qu’on cesse de souffrir, on cesse d’aimer.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

La souffrance est l’élément positif de ce monde,
C’est même le seul lien entre ce monde et le positif.

Franz Kafka, Journal, 4 février 1918

Ou souffrir ou mourir.

Sainte Thérèse d’Avila.

J’ai passé ma vie à me défendre de l’envie d’y mettre fin.

Franz Kafka, Journal, 1920

Celui qui aime fait tout sans peine
Ou bien sa peine, il l’aime.

Saint Augustin

Les cachettes sont innombrables, la délivrance unique en revanche ;
Il y a autant de possibilités de délivrance que de cachettes.

Franz Kafka, Journal, 18 novembre 1917

Maintenant un peu de travail, et puis un grand repos,
Que dis-je, une joie éternelle.

Imitation de Jésus-Christ, L. I, ch. XXV, section 1, alinéa 3

Le travail comme joie, inaccessible aux psychologues.

Franz Kafka, Journal, 1917

Qu’importe le temps à qui considère l’éternité.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Tout problème en un certain sens en est un d’emploi du temps.

Georges Bataille, Méthode de méditation, 1947

Si quelqu’un me sert, qu’il me suive,
Où je suis, là sera aussi mon serviteur.

Jean XII, 26

Quelqu’un a décidé pour moi que je devais me décider tout seul.

Frédéric Berthet, Journal de Trêve, Cahier I (7 juillet 1979- fin décembre 1979), Gallimard, 2006

La terre est un exil,
La vie est un songe,
Le ciel est notre patrie.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

La fatigue disparaît dans la phrase.

Frédéric Berthet, Journal de Trêve (1979-1982), Gallimard, 2006

On passe sa vie à se projeter.
Il en faudrait une autre pour exécuter.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Principe de l’expérience intérieure :
sortir par un projet du domaine du projet.

Georges Bataille, L’Expérience intérieure, Gallimard, 1943

Lorsque vous entrez dans la maison de Dieu,
Veillez sur vos pas et approchez-vous pour écouter.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Nous ne sommes totalement mis à nu
qu’en allant sans tricher à l’inconnu.

Georges Bataille, L’Expérience intérieure, Gallimard, 1943

Fuis la compagnie, garde le silence,
Tiens ton cœur en repos,
Ce sont les principes de la vie éternelle.

Sentence présente sur les murs de l'ancien carmel de Saint-Denis

Intérieur ? extérieur ?
Le silence est le sable des bruits.

Francis Ponge, La Table (1967), Gallimard, 1991

Les frères unis entre eux sont inébranlables comme des citadelles.
Ils sont forts comme les barres d’airain aux portes des villes.

Proverbes XVIII, 19 (cahier)

Ce que je cherche, c’est un art fraternel,
je voudrais être tout le temps, en toutes circonstances,
envers n’importe qui, un homme fraternel.

Robert Filliou

Qu’il est avantageux, qu’il est doux à des frères
De vivre dans l’union.

Psaumes CXXXIII, 1 (CXXXII, 1)

Le chemin vers mon prochain est très long pour moi.

Franz Kafka, Journal, 1918

Mourez souvent de votre vivant,
Afin de vivre après votre mort.

Timothée II, 11

Je ne pense pas à la mort, mais elle pense souvent à moi.

Frédéric Berthet, Journal de Trêve, Gallimard, 2006

 
Cahier 6